MANIFESTE POUR LE VIVANT
La Terre n'a pas besoin de nous pour continuer.
Nous parlons beaucoup de sauver la planète. Mais la planète a traversé des bouleversements bien plus importants que notre civilisation. Si notre espèce disparaissait demain, la vie continuerait probablement à se transformer, à recoloniser, à s’adapter.
Ce qui est en danger, c’est nous.
Et peut-être plus précisément notre capacité à maintenir les conditions qui rendent notre propre existence possible.
Nous avons construit une civilisation extraordinairement puissante.
Nous savons produire, extraire, transporter, calculer, connecter, automatiser et optimiser à une échelle qu’aucune autre espèce n’a jamais atteinte.
Mais cette puissance a une faiblesse : nous construisons encore trop souvent nos systèmes comme si les ressources, les capacités d’absorption et les équilibres dont ils dépendent étaient extérieurs à eux.
Ils ne le sont pas.
Notre économie dépend de ressources.
Nos entreprises dépendent d’écosystèmes humains, matériels, énergétiques et financiers.
Nos infrastructures dépendent les unes des autres.
Nos technologies dépendent d’énergie, de matières, de réseaux et d’humains.
Et notre civilisation entière dépend d’un environnement dont elle fait partie.
Nous ne sommes pas à côté du système.
Nous sommes dedans.
S’adapter ou disparaître
Le vivant existe depuis des milliards d’années parce qu’il n’a jamais cessé de composer avec cette réalité.
Il absorbe des perturbations, régule, compense, mémorise, redistribue, répare, coopère, entre en compétition, transforme son organisation et abandonne certaines configurations lorsque les conditions changent.
Il ne gagne pas contre son environnement.
Il évolue avec lui.
Notre civilisation, elle, possède une capacité extraordinaire à modifier son environnement. Mais cette capacité devient dangereuse lorsqu’elle dégrade les conditions nécessaires à sa propre continuité.
Nous pouvons appeler cela crise écologique, crise énergétique, crise des ressources, crise économique ou crise sociale.
Nous y voyons aussi un problème de viabilité.
Et si nous voulons changer de civilisation sans subir son effondrement, nous allons devoir apprendre à nous adapter.
Nous avons peut-être oublié une couche
Nous savons extraordinairement bien étudier les parties d’un système.
Nous mesurons leurs performances, construisons des modèles, optimisons des variables et développons des technologies toujours plus puissantes.
Mais entre les composants et le comportement global existe quelque chose que nous représentons encore difficilement :
leur organisation.
Comment les éléments dépendent les uns des autres. Comment les flux circulent. Comment une perturbation se propage. Comment une contrainte est absorbée ou déplacée. Comment des réserves sont mobilisées. Comment une organisation perd progressivement ses marges. Comment elle récupère. Comment elle se reconfigure.
C’est cette couche que les travaux à l’origine de Symbiote cherchent aujourd’hui à rendre explicite.
Nous ne pensons pas avoir découvert toutes les règles du vivant.
Nous en sommes loin.
D’autres couches apparaîtront.
Mais celle-ci nous permet déjà de commencer à poser autrement une question essentielle :
qu’est-ce qui permet à un système de rester viable lorsque ses conditions changent ?
Se rapprocher du vivant ne signifie pas renoncer à la performance
C’est même probablement l’inverse.
Une entreprise qui gaspille ses ressources n’est pas mieux adaptée.
Une infrastructure qui ne fonctionne que dans des conditions idéales n’est pas plus performante.
Une intelligence artificielle qui mobilise énormément de calcul lorsqu’une organisation différente pourrait accomplir la même fonction n’est pas nécessairement mieux conçue.
Un système qui épuise les humains qui le maintiennent finit également par payer cette fragilité.
La viabilité oblige donc à regarder la performance dans le temps et dans son système réel.
Elle conduit à chercher les bonnes allocations, les bonnes réserves, les bonnes interdépendances, les bonnes capacités de compensation et les bonnes architectures.
Et cela peut produire quelque chose que l’on oppose encore trop souvent à l’écologie :
de la compétitivité.
Parce qu’économiser de l’énergie, du calcul, de la matière, du temps ou des ressources peut aussi signifier réduire des coûts.
Parce qu’un système qui récupère mieux coûte moins cher lorsqu’il est perturbé.
Parce qu’une organisation capable de s’adapter peut conserver un avantage lorsque son environnement change.
Parce qu’un modèle économique qui préserve les conditions dont il dépend peut tout simplement avoir davantage de chances de durer.
La systémique n’est donc pas seulement une manière de penser le monde.
Elle peut devenir une manière extrêmement concrète de construire de la valeur.
C’est là que WILD KORP veut agir
Nous ne voulons pas décider à la place de ceux qui construisent déjà cette transformation.
Nous voulons leur donner des outils.
Aux entrepreneurs qui ont compris qu’un autre modèle économique pouvait être à la fois plus cohérent et plus compétitif.
Aux industriels qui cherchent à réduire leurs ressources sans fragiliser leur production.
Aux ingénieurs qui conçoivent des infrastructures capables de continuer à fonctionner lorsque les conditions changent.
Aux chercheurs qui explorent d’autres manières de comprendre les systèmes complexes.
Aux organisations qui savent qu’elles doivent évoluer mais qui ne savent pas encore où agir.
Et à tous ceux qui expérimentent déjà, parfois depuis des années, des modèles fondés sur une compréhension plus systémique du monde.
Symbiote est une boîte à outils pour eux.
Une manière de rendre certaines dynamiques visibles, de représenter l’organisation d’un système, d’en explorer les perturbations et progressivement de concevoir des architectures plus viables.
Nous voulons aussi mettre en lumière ceux qui avancent déjà dans cette direction.
Parce que WILD KORP n’a aucun intérêt à prétendre porter seul ce changement.
Si une nouvelle manière de construire nos entreprises, nos technologies et nos infrastructures doit émerger, elle se construira avec des chercheurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, des territoires et des organisations qui expérimentent déjà d’autres chemins.
Notre ambition
Nous ne prétendons pas sauver la planète.
Nous voulons participer à rendre notre espèce meilleure à habiter le système dont elle dépend.
Apprendre du vivant plutôt que simplement l’exploiter.
Construire des systèmes capables de créer de la valeur sans épuiser systématiquement les ressources qui rendent cette valeur possible.
Faire de la viabilité une question de conception, au même titre que la performance.
Et mettre entre les mains de ceux qui veulent avancer dans cette direction les outils qui leur permettent de comprendre, tester et construire autrement.
Nous n’en sommes qu’au début.
Mais une chose nous paraît déjà claire :
nous ne changerons pas de civilisation uniquement en optimisant celle que nous avons construite.
Nous devrons apprendre à mieux nous organiser.
C’est pour cela que WILD KORP existe.